On compte au début du XVIIIème siècle une
quinzaine de savonneries qui font de Marseille le premier centre
méditerranéen de production et d'expédition
des savons à base d'huile d'olive et de soudes naturelles.
C'est le début de la période prospère avec
la mise en place de réglementations concernant la fabrication
et le marquage du savon (règlement de 1688).
1760 : 28 fabriques
soit 126 chaudières produisent 9 000 tonnes de savon.
1786
: 48 fabriques soit 192 chaudières (capacité
de production : 34 000 tonnes sur les neuf mois autorisés
de travail).
1789 : 65 fabriques
soit 280 chaudières ont produit 22 000 tonnes.
1793 : crise sans
précédent et ruine à peu près complète
de la cité. Néanmoins, la savonnerie retrouve un
second souffle et traverse cette période.
1801 : retour de
la paix et reprise du commerce maritime. 73 fabriques pour 331
chaudières
1808 : les premières
fabriques de soude s'ouvrent à Marseille grâce au
procédé de fabrication LEBLANC. Interdiction de
l'utilisation des soudes végétales et apparition
des huiles de graine (noix, colza, pavot, lin) moins chères
que l'huile d'olive.
1817 : baisse des
cours du savon, plus de 15 fabriques.
1820 : 88 fabriques
pour 420 chaudières.
1823 : de nouvelles
huiles arrivent (palme, coco) et la première théorie
exacte de la saponification est publiée par CHEVREUIL.
1842 : le nombre
de fabriques est stable autour de 1945 mais les capacités
de productions sont augmentées avec l'apparition du chauffage
à la vapeur (50 000 tonnes ). On utilise alors de plus
en plus d'huile de palme qui donne un savon blanc et plus moussant.
1863 : nouvelle
crise de croissance, plus que 52 savonneries pour une production
de 70 000 tonnes. Néanmoins, la demande continue d'augmenter.
1885 : 90 fabriques
pour 94 000 tonnes de savon mais la bataille sur les coûts
de production fait baisser la qualité.
Avec le XXe siècle, l'hygiène, le confort se répandent
et le rôle du savon grandit dans l'économie domestique.
Aux alentours de 1900, les huileries et les savonneries fusionnent.
La production continue de croître grâce aux perfectionnements
apportés à l'outillage des usines (générateurs
de vapeur, électricité), mais également par
l'apparition de nouveaux procédés de fabrication.
1906 : 142 777 tonnes
sortent des savonneries marseillaises et la " réclame
" ainsi que les emballages commencent à faire leur
apparition.
1913 : production
de 180 000 tonnes pour 90 fabricants. Une nouvelle crise apparaît,
liée à la cherté des huiles et au conflit
mondial, certaines usines disparaissent et la production chute
jusqu'à 53 000 tonnes en 1918.
1920 : les connaissances
sur le processus de fabrication progressent et les absorptions
des savonneries par les huileries continuent. En 1924, la production
dépasse enfin le niveau atteint en 1913.
1931 : nouvelle
crise liée à la crise de 1929, les exportations
souffrent énormément. La bataille sur les poudres
commence à s'engager entre les grandes firmes telles qu'Henkel
et Lever.
1938 : La persistance
de la crise financière et la dévaluation de 1936
ont fait tomber la production à 120 000 tonnes (seulement
44 000 tonnes à l'exportation) pour 54 savonneries. Lorsque
la seconde guerre mondiale éclate, la savonnerie marseillaise
n'a pas encore retrouvé le niveau de production antérieure
à la grande dépression. La pénurie s'installe
et le commerce s'effondre.
De toutes les industries locales, la savonnerie est celle qui au
lendemain de la libération donne lieu aux prévisions
les plus pessimistes d'autant plus qu'apparaissent les détergents
synthétiques venus de l'Amérique.
Les lavoirs sont désertés avec l'apparition de la
machine à laver et le savon de Marseille perd son rôle
de produit de première nécessité.
Bonheur de Provence est là pour le réabiliter, lui
rendre son rôle premier, être l'un des meilleur savon
naturel au Monde pour se laver le corps ...Voir la photo du Savon
de 600 Grammes  
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