01/18/2019

Quand les régimes sont dangereux

L’ANSES, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié un rapport plutôt alarmant sur les 15 régimes les plus suivis dont les méthodes des docteurs Atkins, Dukan, Cohen et Fricker qui met en évidence les effets néfastes de ces diètes, ainsi que les carences en fer, en calcium en magnésium, en vitamine C, D et E, et les troubles psychologiques qu’elles peuvent favoriser (dépression, perte de l’estime de soi, trouble du comportement alimentaire).

Ce rapport, demandé par le ministère de la Santé a vu se réunir un comité d’experts qui a étudié les différents régimes durant 18 mois.

Bien sûr, ces risques sont à moduler en fonction des individus, de la durée, de la fréquence mais aussi du type de régimes suivis.

80 % des personnes suivant un régime regrossissent après un an !! Et souvent ils reprennent des kilos supplémentaires à leur poids d’avant régime. Selon l’Anses, tous ces régimes font en outre courir des risques du simple fait de la perte de poids, qui a un impact sur le capital osseux. Ils entraînent aussi des troubles du métabolisme et du comportement alimentaire, avec une reprise de poids qui peut «dépasser le poids de départ», selon le Pr Gérard Lasfargues, directeur scientifique de l’Anses. «La dépression et la perte de l’estime de soi sont des conséquences fréquentes des échecs répétés des régimes», selon l’Anses.

Que pensez des régimes hyper protéinés comme celui du Dr Ducan ? Pour l’Anses une consommation élevée de protéines ne présente pas «de risque avéré» sur les fonctions rénale et hépatique, selon le texte, «à condition que le candidat à l’amaigrissement n’ait pas d’insuffisance rénale déjà déclarée».
Cependant, il souligne que les régimes riches en lipides et pauvres en glucides peuvent amener «divers effets secondaires mineurs» (mauvaise haleine, soif, diarrhée, constipation et nausées ou vomissements). En outre, ce genre de régimes hyperprotéinés comme celui-ci apportent un excès de sel (sodium) «ce qui représente un facteur majeur d’élévation de la pression artérielle et un facteur de risque de maladies cardiovasculaires (accident vasculaire cérébral, cardiopathie ischémique)».

Les régimes «à faible apport de glucides complexes sont pauvres en fibres». Or, les fibres alimentaires protègeraient du cancer colorectal. Ces régimes représentent donc «un facteur de risque» pour ce type de cancer, «s’ils sont suivis au long court».

Les effets de régimes très ou modérément hypolipidiques sur la régression de l’athérosclérose ont été montrés. Mais, ils présentent des effets négatifs pour le système cardio-vasculaire: ce type de régime entraîne une élévation des triglycérides et une baisse du cholestérol HDL.
Or, le rapport triglycérides/cholestérol HDL est de plus en plus considéré comme un marqueur pertinent et prédictif du risque coronarien. De plus, la réduction des apports lipidiques «s’avère délétère pour le capital osseux».

Les jeûnes ou cures detox ont eux peu d’intérêt sur une perte de poids à long terme d’autant qu’ « «altèrent profondément la masse maigre et engendrent un risque élevé d’hypokaliémie et de mort subite en cas d’usage prolongé», indique le rapport. De plus, ils «peuvent induire de façon aiguë des accidents avec mort subite, par troubles du rythme cardiaque» et, lorsqu’ils sont associés à une activité physique, ils «peuvent entraîner des risques de malaise de type vagal, hypoglycémique».

Le régime qui tire son épingle du jeu est celui de Weight Watchers. Il n’y a pas de miracles, il ne prive d’aucun aliment celui ou celle qui le suit et encourage simplement à manger mieux. Weight Watchers préconise de boire au moins un litre d’eau par jour et de manger au minimum 200 g de fruits et 300g de légumes, des produits laitiers, deux cuillères de graisse végétale, des glucides, des protéines au moins à un repas… Hyperglucidique, hypocalorique, il présente peu de manques en macronutriments, vitamines ou minéraux.

Les chercheurs de l’Anses se refusent à juger les régimes un à un: “il n’y a pas de bon ou mauvais régime, il faut regarder au cas par cas et surtout, rappeler aux gens qui ne sont pas en excès pondéral qu’il n’ont pas besoin de suivre un régime. Car faire un régime n’est pas une démarche anodine”, rappelle le professeur Gérard Lasfargues, DG adjoint de l’Anses. Il faut donc privilégier un régime qui ne présente pas de déséquilibre nutritionnel majeur et surtout l’entamer avec l’avis d’un médecin qui vous suivra dans vos progrès et s’assurera de votre bonne santé.

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